Zone de Texte: Septembre 2004 220042004

 

La CFTC à Capgemini : Syndicat Sicsti - CFTC

 

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  Zone de Texte: AINSI VA LA VIE DU GROUPE

 

 



 

CFTC CONTRE CAPGEMINI
au TGI sur les salaires (suite)

L’audience du 7 septembre au Tribunal de grande instance de Nanterre a conclu l’échange initial de dossiers entre les avocats des deux parties.

Résumé :

Mars 2004 : la CFTC assigne Capgemini pour non-respect

1) de l’Accord [d’entreprise] sur l’augmentation générale des salaires, signé en 1991 et appliqué une seule fois ... en 1991 !

2) de la loi Auroux sur la négociation annuelle obligatoire (NAO), en ce qui concerne sa composante salariale.

A l’appui de l’assignation, une vingtaine de pièces prouvent le refus de la Direction de négocier sincèrement sur les salaires depuis 1992.

Mai 2004 : réception de la réponse de Capgemini. Le dossier est épais mais bâclé. Parmi les 50 pièces jointes, très peu concernent la négociation salariale. Cette masse de documents vise à cacher la faiblesse des arguments. D’ailleurs, le style des écrits montre que faute d’une position consistante, l’avocat de Capgemini a dû en rajouter sur la forme : en gros, la CFTC est de mauvaise foi, et Capgemini ne saurait commettre les prétendus manquements à la loi dont on l’accuse.

Septembre 2004 : audience au TGI avant l’envoi du dossier devant les juges « du fond » pour étude détaillée. Toutes les incohérences et les contradictions de la Direction ont été mises en évidence, les faux arguments rejetés ou corrigés. L’avocat de la CFTC est optimiste ...

Règlement de comptes avec les Parrains

Il ne s’agit pas d’une guerre de clans mafieux, mais au contraire d’un non-événement, laissé dans l’ombre le plus longtemps possible.

Le Parrainage, lancé en 2002-2003 avec le système des Professions, consistait en principe à donner à chaque salarié un lien privilégié avec un collègue plus expérimenté. En plus d’une aide permanente à son filleul, le Parrain assurait ses Entretiens de développement personnel (EDP) et en rendait compte au Comité d’évaluation et de développement (CED).

C’était une bonne initiative, qui pouvait renforçer la solidarité entre collègues, et apporter un point de vue alternatif au rapport hiérarchique avec le supérieur direct. Seulement ça n’allait pas de soi, il fallait un peu de rôdage et de mise au point.

Mais très vite, les Managers n’ont pas supporté l’intrusion des Parrains dans le circuit des EDP et CED, car il touche de trop près au domaine sacré des salaires ... nous y voilà !

C’est ainsi que peu à peu et sans bruit, le rôle des parrains va se réduire à l’accueil des nouveaux embauchés (WTR mode d’emploi, machine à café, cantine, ...)

Une fois les Parrains écartés, la gestion des ressources humaines va reprendre comme avant : depuis 2002, les managers sont priés par la DRH de suivre les procédures d’évaluation des salariés ; malheureusement, ils ont tendance à entendre « évacuation des salariés », et ils appliquent cette consigne avec zèle, surtout à l’égard des plus anciens et des mieux payés : « dehors, les Vieux »     q


 

 


 


 

… comme disait un ancien rocker

En fait, la déclaration de Paul Hermelin est littéralement « Our future is looking brighter than ever », telle qu’elle est publiée dans Talent, le journal électronique du Groupe, mis en ligne le 10 septembre, au lendemain de l’annonce du très décevant résultat semestriel.

Ces paroles vont rappeler à certains de nos collègues une chanson d’Elvis Presley.

Dans « Don’t be cruel », le chanteur supplie sa belle de ne pas être cruelle envers lui qui est si sincère. Alors qu’elle semble le délaisser, il ne pense qu’à elle, veut l’épouser et lui prédit un avenir radieux avec lui.

Notre Directeur général -qui est de la génération des fans d’Elvis- devait être dans cet état d’esprit quand Talent l’a interviewé. Mais à qui s’adressait-il réellement?

A nous les salariés du Groupe, tout en nous faisant savoir que les resserrements de coûts allaient continuer, s’il le faut par la fermeture d’unités peu rentables ?

A nos clients, qui peuvent trouver bizarre que l’on explique la chute du résultat d’exploitation par la signature de gros contrats de plusieurs milliards d’euros ?

Aux actionnaires et aux investisseurs français, qui pour le coup ont été bien cruels en infligeant au titre Capgemini la baisse record de 13 % au CAC 40, le jour de l’annonce ?

Et pourtant la vie à Capgemini n’est pas cruelle pour M. Hermelin. Souvenez-vous : en mai dernier à la parution du Rapport Annuel 2003, nous lui décernions dans ces colonnes la Palme du Meilleur Variable (en hausse continue malgré la baisse des résultats depuis 2 ans, tous les salariés « au variable » ont apprécié !).

Ces jours-ci, notre Numéro 1 se multiplie dans les media, pour tenter de contrer les commentaires de la presse économique qui ne parle que de nous.

Sur BFM le 8/09 à 20h10, on l’entendait dire que Capgemini a « nettoyé des contrats en automne dernier ».

Est-ce une allusion aux nombreux licenciements, ou aux conditions douteuses de signature de ces contrats ? Curieux effet en tous cas pour les auditeurs ...

Audit social escamoté :
sommes-nous donc si affreux ?.

Ce n’est pas l’usage du Groupe d’admettre ses dysfonctionnements, même en interne, quand ce serait pourtant normal.
 

Exemple : à la fin de 2003, Nicolas Dufourcq avait commandé un audit social de Capgemini France.

Ce travail a été confié à un Institut externe comme il se doit, et le prestataire a remis son bilan au mois de mars dernier. Depuis, aucune nouvelle !

Sachant que les conclusions d’un audit social s’appuient sur une série de sondages auprès du personnel, on se demande quelles horreurs ont exprimé les collègues qui constituaient l’échantillon sondé !

Et puis à quoi sert un audit social fait quasiment en douce, sans aucun engagement de la Direction à la clé, et sans communication vers les salariés ?

Autres questions : combien a coûté ce travail, et comment sera-t-il rentabilisé ? Est-ce là une des mesures de réduction des coûts dont on nous parle depuis deux ans ?

Et pour conclure, dans le genre absurde : en prenant la direction de l’Europe du Sud il y a seulement un an, M. Dufourcq trouvait que Capgemini avait besoin d’une stratégie solide.

Le voici à présent devenu Directeur financier du jour au lendemain, l’ex-titulaire du poste nous quittant brusquement le jour de l’annonce des tristes résultats du semestre !

Stratégie, dites-vous ?                        q