Mars 2007

attractivité - croissance - élections présidentielles

 

Attractivité

Vous avez dit attractivité…

En cette semaine où les plans sociaux et autres restructurations à grande échelle continuent de se multiplier, d’autres annonces se veulent rassurantes sur l’attractivité de notre pays. En 2006, l’Hexagone s’est, en effet, classé comme la troisième destination mondiale choisie par les capitaux étrangers. Le gouvernement a beau jeu de mettre en avant les emplois créés par ces capitaux étrangers, quelque 40 000 selon l’Agence française pour les investissements internationaux. De là à vouloir donner le change, en montrant que ces créations d’emplois viennent compenser des pertes d’emplois subies ailleurs, il y a un pas, vite franchi. Un peu trop vite sans doute au goût des salariés de ces bassins d’emplois qui voient davantage la couleur des emplois détruits que celle des autres qui sont créés. Mais surtout, quelle est la proportion des emplois réellement créés par rapport à ceux qui sont simplement maintenus ? Personne n’est capable de le dire. Du coup, ces 40 000 emplois créés ou maintenus semblent peu de choses au regard de la masse des capitaux investis l’an passé en France, plus de 58 milliards d’euros. Les investissements étrangers dans notre pays sont donc une bonne nouvelle. Mais ils ne règlent pas tout. Ce que la CFTC prône depuis longtemps reste vrai. Il s’agit de relancer dans notre pays la recherche et développement, pour venir vraiment en aide à l’industrie de ce pays. C’est d’ailleurs l’une des quatorze questions aux candidats aux élections présidentielles dégagées comme priorité à la CFTC. Et l’action de nos militants au sein des bassins d’emplois reste plus que jamais nécessaire. Chacune de nos régions doit, demain, devenir un pôle d’excellence et de compétitivité !

 

Croissance et  politique salariale

 

Le coût du travail n’est pas un frein à la croissance !

Pour la CFTC, la politique salariale constitue l’élément central de la croissance économique dans notre pays. Près des deux-tiers des emplois français dépendant directement de la consommation intérieure, le salaire reste le moteur d’une forte croissance, or entre mai 1988 et mai 1998, la productivité a progressé de 26 %. Le pouvoir d’achat des salariés à structure constante n’a augmenté que de 1,6 % dans les entreprises du secteur marchand.
Une étude de la Dares de 2001 confirme que le coût du travail n’est pas un frein à la croissance : « le mouvement de baisse des cotisations sur les bas salaires a ramené le coût du travail au niveau du Smic, à sa valeur de 1970 ». Cette baisse du coût du travail est l’une des plus fortes observées dans l’OCDE. La politique d’exonération des cotisations est une trappe à bas salaires : en témoigne l’augmentation de 1,1 million du nombre des emplois au dessous du seuil de 1,3 Smic en dix ans. Sur cette même période, le nombre de salariés à temps partiel imposé a crû de 70 %. Jean Gandois, président du CNPF le reconnaissait lorsqu’il déclarait, en 1996, « Je suis d’accord pour réduire considérablement les aides à l’emploi parce que j’estime que beaucoup d’entre elles sont inutiles. Un certain nombre de réduction de charges globales ne servent à rien ». Dans le même temps, nous assistons à une baisse massive de la part des salaires dans la valeur ajoutée (près de 10 points au cours des vingt-cinq dernières années).  Si cette politique salariale dynamique que demande la CFTC n’est pas la seule mesure permettant de parvenir à une croissance stable et durable, elle en est l’axe majeur et devrait être accompagnée par une véritable politique industrielle irriguée par un important effort en matière de recherche et développement. […]

 

 

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Elections présidentielles

 

Dans la république,  l’élection présidentielle est un moment important de la vie démocratique française car, au-delà des personnes, il s’agit de soutenir un projet économique, social et, plus largement encore, un projet de société. Le chef de l’État est, dans notre pratique constitutionnelle, non seulement la clé de voûte des institutions mais aussi le garant du contrat social si cher à notre culture démocratique. Comme toujours avant chaque élection présidentielle, la CFTC a souhaité présenter à tous les candidats ses propositions et leur a adressé une série de questions qui reprennent les préoccupations des salariés et de leurs proches. «Il ne s’agit pas de prendre parti en faveur d’un candidat, mais d’éclairer le débat public et le choix de nos adhérents.»

Sécuriser les parcours de vie

1 Sécuriser les parcours de vie et enrayer la montée de la précarité

 Aujourd’hui, un certain nombre d’entreprises réalisent des filialisations «débarras » ou organisent le transfert d’activités peu rentables à des entreprises sous-traitantes. Un grand nombre de salariés en contrats de travail précaires viennent désormais grossir les rangs des « travailleurs pauvres ». La précarité les empêche de construire un parcours professionnel satisfaisant et de bâtir des projets de vie,  acheter un logement…

Quelles sont vos propositions pour donner aux travailleurs davantage de sécurité et enrayer la précarité?

 

2 Trouver des solutions alternatives aux licenciements

Dans le contexte actuel de restructurations permanentes et de course à la compétitivité, la réduction des effectifs est trop souvent la mesure privilégiée par les entreprises pour réduire les coûts et gagner en productivité. Ces vagues de réduction d’effectifs se paient très cher en termes humains et économiques.

Quelles sont vos propositions compte tenu du besoin de compétitivité des entreprises pour permettre simultanément aux salariés de se réinsérer le plus rapidement possible ?

 

3 Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes dans le monde du travail et la formation continue

Pour les jeunes diplômés, l’acquisition d’une première expérience de vie en entreprise est un atout important dans la recherche de leur premier emploi. La grande vulnérabilité des jeunes par rapport au chômage est un problème majeur: 16,6% des jeunes sortis de l’école en 2001 étaient encore au chômage trois ans plus tard.

Quelles sont vos propositions pour favoriser l’entrée dans la vie active et la mobilité professionnelle choisie ?

 

4 Éducation : aider chaque jeune à développer ses talents à 100%

[…] l’école doit accompagner le jeune (seul ou en groupe selon les besoins éducatifs) pour qu’il puisse accéder à sa plénitude et à son épanouissement. En même temps, le souci d’une bonne insertion professionnelle à la sortie du système éducatif obligatoire nécessite le renforcement des liens entre l’école et l’entreprise, mais ne doit pas conduire à répondre exclusivement aux attentes immédiates de l’entreprise. […], la CFTC demande à l’État de donner les moyens (en temps et financièrement) aux établissements d’offrir à tous une école de la réussite.

Quelles sont vos propositions pour permettre aux établissements et aux enseignants-éducateurs, publics comme privés, d’assumer leurs missions éducatives vis-à-vis des enfants et des familles, de préparer une bonne insertion professionnelle et sociale ?

 

5 La reconnaissance de la valeur du travail

Les salariés sont acteurs à part entière et créateurs de richesse dans l’entreprise. Il convient donc de pre n d re en

compte les aspects sociaux pour assurer le développement durable de l’entreprise qui consiste à élargir la participation obligatoire à l’ensemble des entreprises (privées et publiques) sans condition de seuil, créer de véritables s tructures de dialogue entre les acteurs de l’entreprise […]

Comment faire en sorte que la valeur travail soit au cœur des choix stratégiques des entreprises ?

 

6 Des services publics indispensables à la cohésion sociale

Les services publics constituent l’un des piliers indispensables de la politique de cohésion sociale et d’aménagement du territoire. Ils permettent un développement équilibré et de proximité, favorisant le désenclavement des régions et des communes. […] La CFTC préconise de soustraire à la logique du marché certains secteurs essentiels au bien commun comme l’éducation, la santé, l’eau… Elle souhaite une révision de la logique de service universel, qui s’assimile, aujourd’hui, d’avantage à un service public au rabais, et préconise, enfin, que soient développés et renforcés les services publics locaux gratuits dans une réflexion plus large d’aménagement du territoire.

 

Seriez-vous prêts à soutenir ces propositions et à les promouvoir, notamment par un effort budgétaire dont les retombées soutiendront la croissance ?

 

7 Le logement, un élément crucial de cohésion sociale

En 2006, seuls 80000 logements sociaux auront été mis en chantier pour un objectif de 500 000 sur cinq ans. Cette situation de quasi-pénurie pénalise les publics fragiles : jeunes, familles monoparentales, salariés précaires, retraités… Pour restaurer la fluidité dans le parc social et rendre possible le parcours résidentiel, il faut aussi aider les classes moyennes. La CFTC défend trois orientations à impulser d’urgence si l’on veut éviter une déchirure sociale dangereuse et durable.

Mettre en œuvre une grande politique de construction de logements sociaux en  redonnant de réels moyens financiers aux acteurs de ce secteur.

Pérenniser la philosophie du 1% logement (aide aux salariés des entreprises privées), en particulier en favorisant l’accession sociale à la propriété .

Élargir les critères d’attribution de l’aide personnalisée au logement (APL).

Quels choix entendez-vous impulser dans le domaine du logement, crucial pour la cohésion sociale et l’aménagement du territoire ?

 

Une protection sociale de qualité accessible à tous

8 L’assurance maladie, un bien précieux

Des inégalités d’accès aux soins persistent pour près de 13% de la population,

en raison, notamment, des avances de frais et du reste à charge de plus en plus onéreux. Pour la CFTC, l’assurance maladie doit reposer sur le principe de la solidarité intergénérationnelle où chacun finance selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, le principe d’égalité, et l’accès de tous à des soins de qualité, quels que soient ses revenus ou son lieu de résidence: démographie médicale, équipements…

Quelles mesures envisagez-vous pour restaurer et garantir les grands principes qui fondent le socle de l’Assurance maladie ?

 

9 La famille, un rempart contre l’exclusion

La famille est le meilleur rempart contre les ruptures sources d’exclusion. En tant que telle, elle doit faire l’objet de mesures prioritaires. […] Le travail dominical, les horaires (temps partiel subi et augmentation de l’amplitude horaire), l’annualisation du temps de travail… sont autant de contraintes difficiles à vivre pour les familles.  Pour cela, la CFTC entend que soit favorisée la conciliation entre le travail et la vie personnelle, c’est-à-dire familiale, associative, sociale. Il est donc nécessaire de mieux encadrer les astreintes, de faire respecter le repos dominical dans le cadre de la loi, d’améliorer l’accès à la protection sociale pour les personnes à temps partiel…

Quelles mesures comptezvous promouvoir afin d’accompagner les familles à poursuivre leur mission de lien social ?

 

10 Retraite : renforcer la répartition

Pour la CFTC, les régimes par répartition sont le socle fondamental de la cohésion sociale, ils doivent tenir davantage compte de la diversité des situations et des  attentes des intéressés, et permettre le libre choix de départ à la retraite à 60 ans. La CFTC appelle à une retraite personnalisée qui vise à répondre à une évolution du travail dans la société et à une reconnaissance des activités sociales, familiales, associatives et syndicales. Avant d’examiner toute nouvelle augmentation de la durée de cotisation, la CFTC demande un engagement ferme des entreprises à négocier sur le déroulement de la seconde partie de carrière de leurs salariés, et que d’autres pistes soient examinées comme, par exemple, l’élargissement de l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée des entreprises, aux stock options et à l’épargne salariale.

Quelles seraient vos propositions sur la retraite en tenant compte des aspirations des salariés ?

 

Renforcer le social dans une économie mondialisée

 

11 Enrichir la croissance

Pour la CFTC, il est nécessaire de pousser les entreprises à s’engager sur la voie

de l’investissement productif, créateur d’emplois, plutôt que sur celle de placements financiers. Depuis plus de vingt ans, le partage de la valeur ajoutée des entreprises est défavorable aux salariés. […] L’un des critères de la conditionnalité des aides aux entreprises devrait se fonder sur le niveau de leur investissement productif. Une plus juste répartition des richesses ( source de croissance) passe par une reconnaissance salariale du travail.

Quels engagements prenez-vous pour favoriser la croissance par l’investissement des entreprises et la consommation ?

 

12  Environnement et énergies : favoriser le développement durable

La conjonction entre une production limitée par un manque d’investissements et  une demande croissante des pays émergents, la lutte contre le changement climatique dans la perspective du respect du protocole de Kyoto, imposeront inéluctablement un accroissement du coût des énergies d’origine fossile (charbon, pétrole, gaz). La CFTC demande la promotion des énergies propres,  la diversification des sources d’énergie, la responsabilisation des entreprises sur leur politique énergique et, plus largement, environnementale, la sécurisation de l’approvisionnement énergétique français et européen.

Quelles mesures préconisez-vous pour faire du développement durable un objectif partagé par les acteurs économiques ?

 

13 Construire et faire partager un véritable projet européen

Alors que nous nous apprêtons à fêter le 50e anniversaire du Traité de Rome, les citoyens ont exprimé leur rejet des conceptions économiques prenant le système anglo-saxon comme modèle de société et fragilisant nos économies soumises à la concurrence de pays socialement moins-disant, en Europe ou au-[…]. Face à ce rejet, la CFTC réaffirme son attachement au renforcement de la construction européenne, notamment par :

une politique économique et sociale volontaire, et une politique industrielle reposant sur l’appui à la recherche […] afin de spécialiser notre économie sur des secteurs stratégiquement importants et moins exposés à la concurrence des pays émergents

la fin d’une politique de la concurrence qui empêche la constitution de groupes européens de dimension mondiale

une harmonisation croissante au niveau social, mais sans fragiliser la situation des salariés les moins exposés […] et au niveau fiscal afin d’éviter toute distorsion de concurrence

des objectifs économiques et sociaux en termes d’emploi et de croissance plutôt

qu’en termes de contrôle prioritaire de l’inflation, autant d’objectifs qui doivent

s’imposer à l’ensemble des institutions européennes

une coopération économique avec des pays tiers (ou des ensembles) plus soucieuse des dimensions sociales par la prise en compte des conventions de l’OIT dans l’organisation international des échanges.

Quels sont vos engagements […] pour ériger l’emploi en une politique transversale? Que pensez-vous faire pour que la France et l’Union européenne promeuvent au niveau mondial un développement respectueux des personnes qui ne peut être atteint par les simples mécanismes économiques?

 

14 Renforcer le dialogue social et l’implantation du syndicalisme dans l’entreprise

Tous les observateurs du monde économique et social s’accordent sur la nécessité de renforcer le dialogue social à tous les niveaux. Ce renforcement doit concerner prioritairement les salariés des petites et moyennes entreprises (PME) qui ne bénéficient pas de ce dialogue social et de ses fruits.

Que proposez-vous pour renforcer le rôle des organisations syndicales, en particulier dans les PME? Quels dispositifs privilégiez-vous pour garantir la légitimité et le pluralisme des organisations syndicales ?

 

Le document complet et les propositions CFTC 

 

sur http://www.cftc.fr